On a découvert Michel Arbatz dans les années 90 avec son disque consacré à Robert Desnos, auquel Télérama attribua ses ffff. Depuis, il a multiplié les expériences de théâtre musical et produit de nombreux spectacles et albums de chanson.
Son style : Jongleur de mots, funambule du sens, Raymond Devos de la chanson selon certains.
Sur scène, il est accompagné selon diverses formules par des musiciens virtuoses qui empruntent au jazz sa grande liberté d’improvisation, et citent sans complexe java, flamenco ou rythmes maghrébins.
« Je suis un glose-trotter qui essaie de comprendre le monde. Pas facile : chaque jour, il me faut tout reprendre de A à Z. Voilà le titre : de A à Z.
Voici donc venir un nouveau spectacle, avec une quinzaine de chansons, poésongs, et sketches originaux. et je me suis enfermé pour pondre cette heure de music-hall.
Je ne savais pas d’avance ce qui allait sortir de ma tête, de mes doigts, et de la scène. Effrayant, n’est-ce pas ?
Bien sûr, je savais quand même deux ou trois choses : mon amour des mots, mon amour des oiseaux, des abeilles et des femmes (les hommes aussi, vous fâchez pas), des poètes, des guitares, et de mon Orient prénatal. Je pratique toujours l’escroquerie instrumentale (bandonéon, oud et percussions), je clame, je brâme, je slamme parfois et… je rame, aussi, beaucoup.
Je sais aussi que je serai sur scène avec un guitariste qui n’a pas froid aux doigts, Olivier Roman Garcia, un jeune fou échappé d’Alcatraz entre Pat Metheny et le flamenco. Et qu’on aime tous les deux la légèreté, car il faut être très léger, en ces temps de lourdeur, si on veut chanter plus pour rêver plus. Je vous envoie quelques textes. Bons baisers de Sibérie »
Michel Arbatz
Michel Arbatz
chant, textes, guitare, bandonéon, oud, percussions
Olivier Roman Garcia
Guitares, mandoline, sanzas, percussions
Guetteur de la mûrisserie : Philippe Goudard
Régie : Charlie Thicot
Char Résistance
Textes de René Char
Mise en scène et montage : Michel Arbatz
avec : Michel Arbatz, Julien Guill et
Olivier Roman Garcia (guitare)
Musique originale : Olivier Roman Garcia
Une table, trois chaises, un poste de radio, deux lampes à pétrole. Nous sommes dans un lieu confiné où trois hommes - des résistants - attendent. La radio nous délivre des messages de l’époque, celle de l’occupation, mais elle nous transporte aussi par le biais de décors sonores dans un champ de lavande où va atterrir un avion chargé d’armes, ou dans la nuit printanière du Lubéron.
Plusieurs fils se croisent dans le spectacle au travers d'une vingtaine de courtes séquences : le récit sobre et bouleversé de la guerre, la réflexion philosophique et politique, la gratitude envers les hommes et le Mont Ventoux, et la "Lettera amorosa", la lettre d’amour qui agit comme une sorte de contre-terreur.
Les textes sont essentiellement extraits du recueil "Feuillets d’Hypnos", et de quelques témoignages publiés dans "l’Atelier du Poète" (somme établie par Marie-Claude Char). Nous en avons fait les éléments d’un long dialogue intérieur respectant la cohérence du poète.
extraits vidéo
Deux acteurs se partagent sa parole, ils sont comme deux facettes du même homme. Le flamenco interprété par un personnage de guitariste "sans parole" intervient dans le jeu comme une méditation qui fait écho aux textes. Enfin Laurent Greilsamer nous a aimablement autorisé à reprendre quelques passages de sa biographie "L’Eclair au Front" (éd Fayard) que nous avons adaptés et mis en situation.
Ce spectacle peut être produit dans des conditions de dépouillement extrême. Nous souhaiterions le proposer dans de multiples espaces et notamment dans les établissements scolaires afin que cette poésie rugueuse soit connue de la jeunesse, qui a droit à sa jeunesse d’esprit.
La vie des grands poètes est une œuvre en elle-même…
Ce spectacle s’inscrit dans la suite d’autres créations (Robert Desnos : "Rue de la Gaîté", "Cabaret Dubillard") dans lesquelles j’ai mis en scène des poètes et leur époque par le biais du théâtre. J’ai privilégié ici dans mon choix la clarté et l’accessibilité des textes d’une œuvre très variée.
Comme par dette heureuse envers cet homme qui m’a nourri, j’ai voulu évoquer dans un court spectacle cette part de sa vie et de sa poésie qui m’a le plus ébranlé : celle des années de guerre 39-45, celle des "Feuillets d’Hypnos".
René Char a refusé toute publication de ses poèmes pendant l’occupation nazie. Ce radicalisme est rare dans l’histoire de la littérature. Dans l’engagement complet du "Capitaine Alexandre" (son nom de résistant), dans ce mélange d’instinct de fauve et de protection intime de l’esprit, je sens un encouragement très actuel à la résistance au "Nada". Si nous avons la chance de ne pas toucher aux armes, nous le devons aussi à ce courage extrême.
Michel Arbatz
Chez Jeanne La jeunesse de Brassens
Michel Arbatz
Olivier-Roman Garcia
Qu’on n’attende pas de pipe et de moustache dans ce spectacle.
Michel Arbatz , en compagnie d’Olivier Roman Garcia y raconte à travers chansons, lettres (en particulier celles à Roger Toussenot, recueillies et éditées par Janine Marc Pezet chez Textuel), propos tenus par Brassens et anecdotes avérées, le parcours de celui qui manqua d’être « mauvais garçon » et pour qui la découverte de la poésie devint une ouverture au monde.
Même si les chansons et poèmes choisis (une vingtaine) touchent toutes les époques de Brassens, « l’histoire » se cantonne aux années de l’enfance, de l’adolescence turbulente, puis aux années de guerre et d’après-guerre où Brassens, avec une rare opiniâtreté et sans souci d’aucun confort, fera de l’amour de la vie et de l’amitié les sources de sa plume. On trouvera dans ces chansons quelques inédits, et beaucoup de surprises musicales .
Les chansons de Georges Brassens ont nourri mon enfance. J’écoutais en boucle cette voix unique, avec ses nasales méditerranéennes, ses « r » généreux, sa diction surdimensionnée. L’apprenti poète y trouvait son compte.Je devins un adepte, je lui vouais un vrai culte, au point d’aller traîner mes jeudis du côté de l’impasse Florimont où je pensais qu’il habitait encore, en espérant qu’un hasard merveilleux ferait sortir l’ours de sa caverne.
Mes parents m’emmenèrent à Bobino voir son récital en 64. En lever de rideau, on pouvait y entendre Boby Lapointe, Barbara et Serge Lama. Mais je n’en avais que pour Brassens. J’allai faire dédicacer mon bouquin en loge après le spectacle. A mes bafouillements intimidés, j’eus la réponse d’un sourire d’Auvergnat, « et dans mon âme il brûle encore ».
Marqué dès l’enfance par sa belle prosodie, j’ai gardé par cœur beaucoup de ses chansons. Les lettres de Brassens à Roger Toussenot, son ami philosophe lyonnais ont été le déclic de ce spectacle.
Elles sont un trésor d’humanité et de culture dans cette période de l’après-guerre où Brassens crève littéralement la faim et se nourrit de lectures universelles.
J’y ai découvert un homme épris du souci d’autrui, beaucoup plus complexe que celui que retient la légende, et j’ai voulu parler de sa rébellion généreuse à travers l’histoire de sa jeunesse. Le titre « chez Jeanne » rend hommage à celle qui donna à Brassens dans ces années difficiles, un nid pour sa naissance de poète.